
« J’observe, je crée, je transmets. »
DESHY est née au lendemain de la canicule de 2003.
Son nom provient du mot déshydratée.
Privée d’eau, de souffle et de protection, cette sculpture incarne la fragilité du vivant face à l’épuisement des ressources naturelles.
Depuis mes années aux Beaux-Arts de Mâcon, j’observe la nature avec la conviction que chaque paysage porte la mémoire de notre relation au monde. L’eau, les arbres, les océans, les déserts, les oiseaux, la lumière ou encore les transformations du climat traversent mon travail depuis près de quarante ans.
Lorsque DESHY a été réalisée en 2004, les enjeux climatiques occupaient une place bien moindre dans le débat public. Pourtant, cette œuvre portait déjà une interrogation qui demeure aujourd’hui d’une brûlante actualité :
Que restera-t-il du vivant lorsque l’eau viendra à manquer ?
Pendant plus de vingt ans, DESHY est restée dans mon atelier. Elle a accompagné silencieusement l’évolution de ma recherche artistique, qui s’est poursuivie autour de l’eau, de la qualité de l’air, de la biodiversité, des migrations, de la paix et de notre relation au vivant.
Les incendies, les sécheresses et les bouleversements climatiques donnent aujourd’hui à cette sculpture une résonance nouvelle. Ils nous rappellent que prévenir, protéger et respecter les équilibres naturels sont des responsabilités partagées.
Mon travail ne cherche pas seulement à montrer les conséquences de nos choix.
Il invite à observer autrement notre relation au monde vivant.
L’art n’apporte pas de réponses toutes faites.
Il ouvre un espace de réflexion.
Observer est mon premier geste d’artiste.
Créer est le second.
Le troisième appartient à celui qui regarde.
DESHY face à l’actualité
En juillet 2026, alors que de violents incendies ravagent le sud-ouest de la France, j’ai souhaité réaliser une affiche à partir de DESHY.
Cette création n’est pas une nouvelle œuvre. Elle est une prise de parole visuelle qui rappelle que si les catastrophes naturelles sont amplifiées par le changement climatique, la prévention, la gestion des paysages et la responsabilité humaine demeurent essentielles.
L’INCENDIE N’EST PAS UNE FATALITÉ.

Brigitte GAGNEPAIN
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